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Les anges d’à côté
Les anges d’à côté(2004, Desclée de Brouwer) Genre : roman Pages : 244
« Un crime, l'été, dans la campagne bretonne... Vincent, sa femme Virginie et leurs deux enfants sont en vacances dans le vieille maison de famille. D'emblée, l'atmosphère est lourde, le couple tendu. C'est que Vincent traverse une crise profonde. Il fait la connaissance de deux femmes au charme troublant, au comportement étrange. Où vont-elles l'entraîner ? Confronté aux choix de la trentaine, Vincent doit lutter avec ses fantômes, ses chimères et sa propre liberté. »
Extrait
« Il prit un chemin familier, celui qui conduit à la « lande », étendue ingrate que son grand-père appelait ainsi. Ce chemin, il le connaissait depuis toujours, mais ne le reconnaissait plus depuis longtemps. Cela remontait au Remembrement, qui avait transformé ce paysage de champs clos et de chemins creux en mornes quadrilatères battus des vents et des pluies, alternant culture du maïs et de la patate. Sur le bord du chemin arasé et recouvert de gravier gris, il n'y avait plus d'ajoncs et de genêts, mais de banales broussailles... »
Ce qu'ils ont écrit
« Dans ce premier roman, écrit avec force, Jean-Marc Bastière décrit, dans un suspense aux ressorts psychologiques tendus, l'irruption du monde invisible dans la réalité »
(AFP, Agence France Presse)

« Astrid d'Ozan, Philippe Verdin et Jean-Marc Bastière sont nés après le concile Vatican II ; ils ont grandi dans les années post 68 ; ils sont catholiques... Ils viennent de publier leur premier roman dans des maison reconnues. Une nouvelle génération d'auteurs catholiques est-elle en train d'émerger ? »
(Le Pèlerin)

« Xavier Patier, François Taillandier, ces romanciers héritiers de Mauriac, dévoilent la « misère de l'homme privé de Dieu » décrite par Pascal. Jean-Marc Bastière appartient à leur génération. Son roman subtil montre comment l'Esprit-Saint peut encore s'insinuer dans les lézardes de nos vies en ruine »
(Le Figaro littéraire)

« Un double crime et la rencontre de deux femmes envoûtantes font de ce psychodrame un roman noir et inquiétant. Un suspense entretenu de main de maître »
(La Manche Libre)

« Sévère avec une époque où « l'esprit de supermarché a remplacé l'esprit de clocher » et où nous avons tendance à confier nos états d'âme à des bricoleurs sans scrupule, Jean-Marc Bastière s'attache à décrire ces moments où l'on est à la merci de toutes les emprises parce qu'on ne sait plus qui l'on est. Il sait aussi décrire le ciel breton ou le visage d'une femme qui boude. »
(Paul-François Paoli, Le Figaro Quotidien)

« D'une écriture serrée, comme pour une enquête intérieure, Jean-Marc Bastière traque le pauvre Vincent dans ses moindres recoins. Il est son Jimmy Cricket, un bon génie qui veut savoir pourquoi cet homme aimable a tant de mal à devenir ce qu'il est »
(Etienne de Montety, Le Figaro Magazine)

« Ce roman tout à fait remarquable plonge son lecteur dans l'étrangeté d'un monde invisible, et pourtant bien présent. A ne pas manquer. »
(Courrier français)

« Les lecteurs de ce journal connaissent trop Jean-Marc Bastière pour ignorer ses talents multiples, son bonheur d'écriture, sa réflexion aiguë au service de convictions profondes. Pourtant, ils risquent d'être surpris par le romancier qui se révèle dans un livre au charme singulier, et presque sulfureux.
Oh, rassurons-nous ! L'enfer, ici, n'apparaît pas tellement redoutable. Ce pourrait pourtant être son maléfice, servi par une leurre puissant, celui qui s'approprie le désir spirituel et jusqu'au langage des anges pour tirer les âmes contemporaines du côté d'un salut ésotérique et de la falsification des signes. [...]
Le romancier Jean-Marc Bastière excelle à nous faire glisser  au sein d'une Bretagne celtisante qui n'a pas renoncé à ses mythes et puissances telluriques, à Brocéliande et à ses sortilèges.
Les néo-gnostiques qui y ont trouvé refuge ne sont pas toujours les mieux disposés à cultiver sa poésie. Du moins retrouvent-ils un certain paganisme antéchrétien, celui qui s'insère dans les niches désertées par une Foi, hélas, affadie.
Mais c'est là que le romancier établit son dispositif pour mieux capter le réel étrange qui mord sur les existences contemporaines. [...]
C'est pourquoi Jean-Marc Bastière peut nous promener du côté des anges d'à côté, Mais ceux-ci avouent leur existence la plus concrète à travers les personnages qui les font parler et avec lesquels ils sont dans des rapports de familiarité confondante.
Pour le coup, la vérité n'est pas là, selon Rimbaud, avec ses anges  pleurants, mais selon Bastière, avec ses anges-mirages, là où s'épanouit l'équivoque spiritualité de beaucoup de nos contemporains.
Merci à la littérature de nous faire cadeau d'un vrai romancier. »
(Gérard Leclerc, Famille Chrétienne)

« Comment vit-on sans Dieu ? Telle est la question qui, en filigrane, traverse le roman de Jean-Marc Bastière et de tous les romanciers infusés de christianisme. Comment ? Certains, à l'école de Bernanos, s'insurgent, rejettent le moralisme (fut-il catholique), et s'intéressent avant tout aux combats violents livrés avec le Tout Puissant. D'autres, à la suite de Mauriac, décrivent en creux cette absence, explorent les consciences errantes, la cruauté des personnes, leur état de déréliction, au point que certains se demandent si la complaisance n'a pas pris le pas sur la description. « Où donc allez-vous chercher toutes ces horreurs ? » demandait une lectrice effarée à un Mauriac obligé de lui répondre « en moi, Madame ».
Jean-Marc Bastière est de cette seconde école. Il ne manie pas non plus les idées avec de lourds sabots, mais regarde froidement les flottements de son personnage, ses incertitudes et les courants d'air qui le traversent. [...]
Vincent, son personnage, flotte comme un bouchon sur l'étang. Sans s'en rendre compte, il bascule à petits pas dans un monde étrange. En compagnie de deux femmes rencontrées, il pratique ces méthodes de relaxation et de ressourcement, en vogue aujourd'hui, car venues du fond des âges. Qui sont-elles ? De prêtresses du « nouvel âge », des adeptes de la vieille religion des Celtes, des écologistes doucement farfelues ou des membres d'une secte ? [...]
Le monde invisible, frissonnant comme une aile d'ange, n'est pas laissé en jachère. Encore faut-il choisir le bon invisible : celui des forces telluriques, des caresses du vent et de la terre-mère ou, plus discret, celui de la bise légère et du froissement de la paire d'ailes des « anges d'à côté » ? Ce choix est difficile à faire. Vincent lui-même ne le formule pas explicitement. Il est présent dans le roman, par petites touches, comme avec des paillettes d'or disséminées... Le clivage est en nous et non en dehors de nous. Vincent aura-t-il la force de le faire, lui qui est divisé, double - pour ne pas dire doublé ?
Jean-Marc Bastière, dans la délicatesse des situations décrites, laisse suinter l'invisible quand il surgit de la texture du quotidien. [...]
Tel est le sens du roman de Jean-Marc Bastière : obliger Vincent à lever un peu la tête et nous avec lui. Le fait-il ? Oui, légèrement, presque à son insu. Lever la tête, se redresser légèrement et aller chercher plus Haut un peu de fraîcheur... Quand les fissures baillent, le monde peut compter sur les ciments invisibles de Dieu. »
(Damien Le Guay, France Catholique)

« Jean-Marc Bastière signe là un premier roman plein de promesse. Un style sec, vif, un refus vigoureux de toutes formes de « folklore ». Il place son enquête psychologique au cœur de ce pays gallo dont il a parcouru les chemins étant enfant et qui se dressent désormais sans talus et sans haies. Tout est calme dans le couple de Vincent, le héros trentenaire, trop peut-être car l'orage gronde dans le tréfonds des âmes. « Les anges » dont parle l'auteur guettent leur proie comme le chasseur embusqué. L'antique Brocéliande  toute proche cache femmes, fées, ondines ou sorcières ? Laure, elle, se donne des airs de Viviane... Le meurtrier lui, propulse son destin d'homme sans vie et sans visage avec une puissance toute nihiliste »
(Armor Magazine)

« Le cadre breton fournit la double toile de fond druidique et médiévale pour une féérie de notre temps »
(Historia)

« Jean-Marc Bastière a su créer une atmosphère tendue, saturée de colère retenue et de violence larvée »
(Ouest France)

« Le roman de Jean-Marc Bastière ne laisse rien passer des crises de l'homme et des équivoques des attitudes. Il ouvre aussi une place à une espérance assumé. »
(Philippe Maxence, L'Homme Nouveau)

« Les anges que nous présente Jean-Marc Bastière semblent habités d'étranges démons... Le remembrement des années 70 a presque fait table rase du passé sur ce canton des Côtes d'Armor. Non, c'est plutôt dans la « jungle » de l'âme humaine et d'une société en plein doute qu'il faut aller chercher quelques balises. Famille, régionalisme, secte... Et puis Laure apprentie « sorcière » new age qui se forme près de l'énigmatique Michèle... »
(Univers Celtes)

« Les pages sont empreintes de suspense et de psychologie. Une sorte de crise des sens, une passionnante aventure, ponctuée d'éclairs et d'espérance, dans le labyrinthe de la quête d'une paix intérieure »
(Toutes les Nouvelles)

« Avec finesse, l'écriture campe le quotidien doux-amer d'un couple qui connaît une météo sentimentale précaire, en quête d'anticyclone - les disputes parce qu'il ne fait pas beau, la lassitude des courses au Super U glacial d'un village de province, les éclaircies autour d'une bouteille de cidre, dans l'ébriété d'une crêperie au folklore réconfortant, ou chaleur poignante  d'une chevelure au parfum familier, depuis tant d'années, sur l'oreiller d'à côté.
Comme cette lande bretonne semi-urbaine entre la plage, la forêt et les hameaux, Vincent se retrouve au carrefour de sa vie. Son paradis d'enfance luxuriant et sauvage est insidieusement rongé par la modernité, l'industrie des biens et des âmes. Il déambule dans ce paysage ambigu : terrains vagues inquiétants, ronds-point flambant neuf, ronciers infranchissables, étrange bâtiment industriel au cœur d'un bois bucolique, chemins marécageux jonchés de tessons de bouteille...
Construit comme un polar (page serrées, qui tracent sur la géographie peuplée de symboles une véritable partie d'échecs psychologique et spirituelle), le roman dessine un beau portrait d'homme apparemment comblé, qui se demande si la vie a bien tenu ses promesses. Question cruciale, qui revient en plein cœur avec une sourde violence, dans le train-train d'une existence trop bien huilée. Qu'est-ce qu'on a saccagé, ou simplement oublié, pour bétonner son petit coin d'existence ?
Le désir, pour se nourrir, a parfois besoin d'échappées belles. Sont-elles trompeuses, dangereuses, ou finalement salutaires ? Un roman qui sait poser des questions, sans asséner les réponses. L'ambiguïté fait mouche. »
(Clotilde Hamon)